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Bonne

Nouv.elle

!

— La parole inclusive du dimanche,
Du premier dimanche de l’Avent au dimanche de Pâques, un.e invité.e nous donne à entendre l’homélie dominicale.

S2 Episode 2

06/12/20
2e dimanche de l’Avent

Lecture de l’évangile : Marina

Homélie : Miranda Cartier

Et sur Anchor.fm, Spotify ou d’autres plateformes de podcasts.

Textes du jour

Is 40, 1-5.9,11
Psaume 84
2 P 3, 8-14
Mc 1, 1-8
(Lire les textes sur aelf.org)

Le texte de l’homélie

Nous entrons dans la deuxième semaine de l’avent, et l’ensemble des textes du jour s’accordent à dire qu’il faut préparer le chemin pour le Christ. Il arrive de manière imminente et quel que soit le lieu où nous nous trouvons, il viendra nous rejoindre. Ce n’est pas une bonne nouvelle ? Nous pouvons sentir la joie exprimée au cours de la première lecture, de proclamer l’arrivée, avec force, de notre Seigneur. Nous allons avoir un invité de marque dans très peu de temps ! Un invité qui donne le Salut au monde. Pas qu’aux chrétiens ! Au monde entier !
Mais qui dit invité de marque, dit préparation, tout comme un mariage, ou une mère qui attend son enfant, il y a un minimum de préparation à assurer. Comment préparez-vous aujourd’hui, en 2020, la venue du Christ dans votre maison ? dans vos cœurs ?
Ce cheminement de l’Avent, de l’attente du Christ est plus que nécessaire pour reconnaître notre invité le jour venu ! Bon, on achète un sapin, on décore nos maisons, on allume une bougie pour chaque semaine écoulée, on boit plus de chocolats chauds, on mange plus de chocolat ! Et on regarde les fameux films de Noël ! Si, si, vous savez : les films à l’eau de rose qui se déroule à Noël ou encore tous les classiques qui nous mettent des petites paillettes dans les yeux : Harry Potter, Le Seigneur des anneaux, Stars Wars… Et je ne vous parle même pas de tous les Disney… Mais on s’égare, oui c’est vrai on s’égare, est-ce vraiment là que nous souhaitons porter notre regard durant ce temps d’attente ? les cadeaux, les chocolats ? Ne l’oublions jamais que cette période de l’avent n’est pas signe de joie et d’amour pour tous. Pour certains, voire beaucoup de personnes dans notre société, ce temps sera un rappel chaque jour de leur situation soit de détresse financière, psychologique, de solitude, une détresse familiale ou que sais-je encore ! L’Avent n’est pas un temps d’attente heureux pour tous. Alors comment s’écrier d’une voix forte et fière que le Seigneur viendra nous sauver, si nous sommes déjà en attente de sa présence au quotidien ? Chaque année nous faisons mémoire de sa naissance et nous essayons de faire de la place durant cette période pour qu’il puisse entrer chez nous, mais à chaque fois cette rencontre est totalement différente : soit parce que notre foyer s’est agrandit, soit parce qu’il manque des membres de ce foyer ou alors que le foyer n’est plus, notre entourage a changé, notre expérience de vie a changé. Tout cela influence notre état d’esprit vers cette rencontre.
Je vais vous partager une expérience personnelle de l’attente qui me fait dire que cette préparation est vitale pour nous afin de vivre de manière sereine, heureuse, la rencontre avec le Christ.
Nous avons fait l’expérience, mon mari et moi, de l’attente. Au printemps 2019 nous apprenons que je suis enceinte, chouette c’est notre premier enfant ! Nous savons tous qu’il faut neuf mois de grossesse pour que l’enfant arrive à son terme et puisse rencontrer ce monde. Nous avons commencé à nous préparer à la parentalité en lisant des magazines, des livres. Nous avons aussi commencé à préparer sa chambre, aménager la maison. Dès que nous avons su que c’était un garçon nous avons commencé à lui parler et à l’appeler par son prénom. Mais au bout de six mois et demi de grossesse je perds les eaux et Samuel fait une entrée fracassante à 29 semaines d’aménorrhée : on nous annonce une grande prématurité et au moins 2 mois d’hospitalisation. Quel choc ! Une grossesse qui s’arrête net sans prévenir, et une parentalité qui commence dans l’angoisse, la peur, la médicalisation. Nous avons quand même accueilli notre fils dans la joie, il était en bonne santé mais trop petit (1,045kg, 37cm), trop petit pour affronter ce monde seul. S’ensuit une très longue attente marquée au départ par de la colère : pourquoi nous ? pourquoi lui ? comment un enfant si petit peu déjà être en difficulté, devoir déjà se battre pour vivre ? Un peu de joie : nous sommes quand même devenus parents c’est énorme ! Et de la résignation : nous devons être présents pour notre fils tous les jours pour espérer un retour à domicile rapide. Comment avons-nous attendu qu’il rentre ? Nous avons beaucoup prié chaque jour avec lui pour lui donner de la force, et nous donner aussi à nous même force et courage, nous avons beaucoup chanté, il adorait entendre nos voix, et nous avons beaucoup parlé avec lui, de tout et de rien. Nous nous sommes rendus compte qu’une petite vie nous a été confiée, et nous n’avions pas le choix que de nous décentrer de nous-mêmes pour lui faire de la place quel que soit l’endroit où nous nous trouvions, prêts ou non. Il a frappé à la porte et il est venu : nous avons accepté même si ce n’était pas simple de l’accueillir dans la situation qui se présentait. Croyez-moi, on aurait très bien pu rester sur notre colère et notre désarroi !
Lorsque Samuel est rentré à la maison, c’était comme une deuxième naissance ! Enfin il rentre chez lui et a pu être visité par la famille. Quelle joie cet accueil par l’ensemble des proches, de la communauté et des amis !
Est-ce que ce temps de l’Avent c’est juste recevoir le soir du 24 décembre ? Je ne pense pas qu’il s’agisse juste de recevoir un invité le jour où il doit arriver. Je pense que ce temps de l’Avent passe par la rencontre, la joie, le partage, un rayonnement de nous-même autour de nous. Nous ne pourrons pas rencontrer le Christ sans avoir rencontré d’autres personnes, partagé, prié auparavant, en ayant en tête que le Christ se trouve déjà parmi nous. Notre invité de marque arrive et il compte sur nous pour l’accueillir comme il se doit. Pas besoin d’en faire trop, sinon nous risquons de rater le rendez-vous.
« A chaque enfant qui naît le monde recommence » : nous tentons de l’expérimenter chaque année à chaque fois que le Christ naît, le monde recommence, recommence à croire, recommence à aimer, à chercher la paix ; et cela n’a jamais cessé.
Miranda Cartier

Miranda Cartier, animatrice en pastorale depuis trois ans, étudiante en cycle intégré de théologie et philosophie en 3e année au Centre Sèvres. Je suis une ancienne infirmière (8 ans dans la fonction publique de Paris). Je suis co-chef d’une petite communauté composée de mon mari Floriant et mon fils Samuel.